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Ebook Outlines of Pyrrhonism (Loeb Classical Library #273) by Sextus Empiricus read! Book Title: Outlines of Pyrrhonism (Loeb Classical Library #273)
The author of the book: Sextus Empiricus
Format files: PDF
The size of the: 29.21 MB
City - Country: No data
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Reader ratings: 6.8
Edition: Harvard University Press
Date of issue: January 1st 1933
ISBN: 0674993012
ISBN 13: 9780674993013
Language: English

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Lorsque la philosophie sceptique parait en Grèce avec Pyrrhon d’Elis, au début du troisième siècle avant notre ère, la plupart des autres grandes écoles philosophiques existent déjà : Académie de Platon, Lycée d’Aristote, Portique de Zénon, Jardin d’Épicure. On peut laisser de côté les cyniques qui ne se sont intéressé qu’à l’éthique. La philosophie était diversement appréciée : le commun relayait des plaisanteries sans nombre sur les rêveries de ces intellectuels qui confondaient les mots et les choses, et on retrouve des traces de cette méfiance déjà dans les Nuées d’Aristophane. On retrouve cet esprit dans les écrits de Cicéron, dans sa Nature des Dieux, sa Divination ou ses Académiques, quoiqu’ils soient aussi beaucoup teintés d’Académisme. Plus tard, Lucien fera plusieurs pamphlets contre ces théories nombreuses et contradictoires, qui servent surtout à plonger les disciples des écoles dans la perplexité. L’Hermotimos est sans doute le plus beau de ces textes, celui qui m’a le plus touché. Les pères de l’Église ne dédaigneront pas non plus, dans certains de leurs apologies, les arguments de sceptiques pour attaquer le paganisme ou la philosophie. Pendant la contre-réforme, les jésuites utiliseront à leur tour les démonstrations des sceptiques pour convaincre les réformés qu’ils ne peuvent prétendre se fonder sur leurs propres lumières pour interpréter l’écriture, et qu’ils feraient mieux de retourner dans le giron de l’Église de Rome. Parmi les modernes, on trouvera chez Montaigne le premier des sceptiques, et chez David Hume, le plus accompli. On remarquera que Kant, va emprunter énormément au vocabulaire sceptique, même si lui-même va dogmatiser dans une certaine mesure, avec son esthétique transcendantale, et son impératif catégorique. La maxime de Bonaparte,"Il faut se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille" , est tout à fait sceptique.

Le présent texte est l’un des plus complet qui nous soit parvenu sur cette école philosophique, qui se distingue des autres par sa volonté de ne pas construire de système, et de faire preuve d’une prudence et d’une rigueur intellectuelle au dessus de celle des autres écoles, en mettant un point d’honneur à ne pas admettre pour vrai ce qui est douteux ou sujet de controverses indécidables. L’auteur, Sextus Empiricus, est un grec, philosophe, astronome et médecin de la fin du deuxième siècle, donc postérieur à Plutarque : il expose une philosophie dont la paternité revient à Pyrrhon d’Elis, et il va en préciser la spécificité par rapport à toutes les autres écoles, dont il met en évidence les écarts par rapport au scepticisme, c’est-à-dire cela en quoi elles sont dogmatiques. Dans nos langues modernes, le mot « dogme » est associé aux règles fondamentales de la religion, mais pour les grecs, un « dogme » est une opinion, laquelle peut être ou vraie ou fausse, et donc les sceptiques appellent « dogmatiques » les philosophes qui adoptent des systèmes leur faisant accepter pour vraies de simples opinions pour lesquelles il est impossible d’être certain du fait qu’elles soient vraies ou fausses. Évidemment, une telle position les rend ennemis de tous les autres : ils sont ainsi caricaturés avec force comme des extravagants qui doutent de tout, même des choses les plus évidentes comme le simple fait d’avoir faim ou soif, et qu’ils périraient bientôt comme l’âne de Buridan si la sollicitude de leurs amis ne prévenaient les suites fâcheuses de leur fanatisme. Toutes ces imputations sont évidemment mensongères, car les sceptiques ne refusent de donner leur assentiment qu’aux opinions seules qui sont obscures, comme les questions métaphysiques sur la nature des choses, l’âme, les dieux, le temps, la vertu, etc… Pour le reste, ils adoptent les opinions communes, et se rendent aux évidences, comme celles des impressions faites par les sens.

Quoique cette réputation d’impudents un peu fous va leur coller à la peau, on ne manque pas de constater que toutes les autres écoles de philosophies, dans les controverses qui les opposent dans les questions disputées, vont toutes reprendre les arguments des sceptiques pour abattre les opinions de leurs adversaires. Les arguments des sceptiques s’appuient sur un certain nombre de faits : la grande diversité des mœurs des humains, la variété avec laquelle les humains sont affectés par les sens, la variété avec laquelle nous somme affectés par les mêmes choses en fonction des circonstances, et aussi en fonction de la fréquence avec laquelle nous rencontrons les faits, qui nous encourage plus ou moins à inférer. Tous ces éléments travaillent à considérer les questions débattues par les écoles avec prudence, et à vérifier s’il n’y a pas dans les démonstrations des dogmatiques quelque vice de raisonnement comme la pétition de principe (diallèle), ou quelque ruse sophistique plus ou moins élaborée, que la sagacité des sceptique se plaît à traquer. Cette méthode est assez féconde, ils vont même jusqu’à refuser la validité des raisonnements et démonstrations comme le syllogismes, dont les dogmatiques sont si fiers. Ces raisonnements ne sont que des coquilles vides, car les mots qui sont employés contiennent déjà les définitions de ce que l’on admet. Ainsi, le fameux « Socrate est un homme, or les hommes sont mortels, donc Socrate est mortel », ne prouve rien car un homme est par définition mortel, donc il suffit de dire que Socrate est un homme sans que la prétendue démonstration suivante n’apporte aucune information. Pour employer la manière de parler de Kant, il n’y a des jugements qu’analytiques, et non synthétiques.

Une autre imputation faite à la philosophie sceptique est de n’être finalement que destructrice, négative, et d’entraîner à la paresse intellectuelle ou à la bêtise. Les sceptiques se contenteraient de hausser les épaules à tout ce que l’on leur soumet, ne construiraient rien, et seraient tout à fait inutiles. Évidemment, rien n’est plus faux que ces imputations calomnieuses: c’est même tout le contraire. Sceptique, en grec, vient d’une racine qui signifie examiner avec attention. D’abord, ils reconnaissent la validité des impressions des sens. Ensuite, le sceptique se doit d’examiner avec la rigueur la plus sévère toutes les opinions qui lui sont soumises avant de décider de suspendre sont assentiment. Quant à l’accusation d’être infécond, il faut quand même préciser que le scepticisme est né avec la médecine, avec la méthode empirique, laquelle remportait plus de succès que la médecine traditionnelle qui se fondait sur des principes purement rationnels. Pour l’éthique, elle consiste à prendre en compte les circonstances, la raison et les traditions. On ne saurait trouver plus prudent et plus judicieux. Ainsi, loin d’être ennemi de la philosophie, le scepticisme apparaît en être plutôt le cœur et l’essence : toutes les écoles philosophiques lui empruntent peu ou prou, et on aurait du mal à ranger celle qui en serait totalement débarrassé au rang de philosophie, si elle était tout à fait débarrassée de prudence et de rigueur. La fin que se propose le scepticisme est une sorte de calme, non pas un calme paresseux et imbécile, mais un calme propice à l’examen dépassionné des sujets philosophiques, et plus propre à nous détourner des querelles stériles pour nous tourner vers les activités utiles.

Le présent texte est donc très complet, et la traduction bilingue de Pierre Pélégrin est de grande qualité : toutes les difficultés du textes sont indiqués dans un appareil critique maniable et concis. Cette édition l’emporte sur les Belles Lettres en lisibilité. L’introduction est passionnante, et un index des mots grecs étant des notions philosophiques permet d’avoir une meilleure intelligence du texte, qu’une simple introduction ne permet pas toujours. Le texte en lui-même est clair, structuré, mais parfois un peu aride, étant sans fioritures ni fantaisies. Mais tout respire un esprit de probité lumineux et véritablement enrichissant. En particulier, le panorama de l’histoire de la philosophie grecque, et de toutes les opinions dogmatiques de chacune des écoles est extrêmement intéressant : s’ils s’écartent d’Épicure, d’Aristote et de Zénon, c’est de la moyenne académie qu’ils s’estiment les plus proches, du moins de son enseignement exotérique, car ils accusent les enseignements acromatiques, réservés aux initiés qui payaient et étaient souvent destinés à des carrières politiques, de contenir les dogmes de Platon. Ce dernier point me semble en accord avec l’usage que les prêtres égyptiens faisaient de leurs mythes pour impressionner d’abord Pharaon, ensuite les puissants, afin de les contraindre à respecter une certaine éthique.




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Ebook Outlines of Pyrrhonism (Loeb Classical Library #273) read Online! Ancient Mediterranean physician and philosopher. His philosophical work is the most complete surviving account of ancient Greek and Roman skepticism.

In his medical work, tradition maintains that he belonged to the "empiric school", as reflected by his name. However, at least twice in his writings, Sextus seems to place himself closer to the "methodic school", as his philosophical views imply.


Reviews of the Outlines of Pyrrhonism (Loeb Classical Library #273)


HUGO

Another one-time book, but it was interesting.

TEDDY

Reality has surpassed expectations.

ELLA

Why should I drive my phone number?

DANIEL

How many times did I read ...-not boring! )))

SCARLETT

Phone number to be written to protect against robots I wrote the number and downloaded no problems.




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